7.

Les femmes savent leur force en constatant l’impact qu’elles produisent avant même d’identifier et de prendre conscience de leur propre souhait.
La femme est comme un capitaine d’un navire, d’une petite embarcation tout autant qu’e d’un vaisseau imposant pour les plus fortes. Elle s’en découvrent un jour propulsées, l’amirale même avec pour mission de mener à bon port son unité d’une force que la dame nature lui vient de confier sans négociation.On n’est pas en démocratie, là, dans un sens. On ne reçoit pas la même chose. En regardant d’un oeil préavisé on est tous differents, à chacun son chemin à passer tout en faisant valoir sa présence et son chemin . « Kazda potwora znadzie swego amatora » dit bien un proverbe que l’on pourrait traduire par « tout pelerin trouve son âme soeur ».
Et cela a commencé déjà au moment du déclenchement de cette fameuse course des spermatozoïdes dont nous sommes tous issus. A en croire les professionnels, les spécialistes (ce n’est pas la même chose), les vulgarisateurs, et aussi sa propre préférence, c’est le plus rapide qui gagne. Encore faudrait être sur qu’il y a véritablement une course ! Les goutes de pluie font elle la course ? Cherchent elles, sinon ont elles intérêt quelconque à arriver avant les autres, et pourtant certaines arrivent avant les autres. Ont elles un mérite quelconque? une raison de satisfaction ? Sont elles un exemple à prendre (pour qui prendre exemple est rassurant), méritent-elles des monuments, des distinctions, des recompenses, dans le monde des goutes de pluie ?

6

Je suis là. Non, là. Plus à gauche, encore un peu plus. Voilà ! Vous y êtes. Oui, à deux on est bien. J’aime votre présence là, ici. C’est rarement le cas mais vous, j’aime. J’aime votre odeur, j’adore. Non je ne cherche rien. J’aime vous le dire. Je n’ai pas besoin de me forcer, je ne suis pas trop franche. Je ne dis pas tout et n’importe quoi, seulement les mots qui vont avec. Avec vous. Avec moi et vous. Non ne dites rien ce n’est pas nécessaire. Trop des paroles… Votre cœur bat fort. C’est normal. C’est ça l’homme quand la femme apparaît. Vous n’y êtes pour rien, moi non plus. C’est l’ADN qui nous fait ça. À nous de le suivre ou pas. À ce que je vois là, votre l’ADN fonctionne. Vous voilà armé. J’aime vous voir armé. En fait ce n’est pas vraiment une arme c’est un messager, c’est un hôte, un comité d’accueil à lui tout seul. J’en suis flattée, je me sens choisie, distinguée, en vedette… Je ne peux pas en être insensible, je ne peux pas ne pas l’accueillir, je ne peux pas ne pas vous accueillir, je suis là, je suis prête, venez, oui je vous déboutonne, il est là qui m’attends, un geste et je suis prête moi aussi, la voie est ouverte, la voie est grande ouverte il faut entrer, c’est bien comme ça, elle aime, elle grandit, elle adore, faites lui plaisir, elle jubile, c’est elle qui commande, il suffit de la suivre, de l’aimer, de se donner à elle, je lui fais l’accueil total, elle peut y aller, elle peut tout se permettre, elle peut se rendre aussi, reconnaître qu’elle est arrivée, que l’on est arrivé, que c’est ça la vie, et que la vie est belle.

5.

Ainsi ma première injection d’hormonothérapie qui m’a fait craindre un bouleversement majeur coté libido ne m’a fait quasiment aucun effet. La grande fatigue annoncée, apparue certes l’après-midi même, mais d’une force que j’ai connue déjà dans le passé c’est avéré en être la seule réaction visible. Alors, le soir même au coucher, et avec gourmandise, je me suis employé à rencontrer dans mon imaginaire les filles et les femmes qui depuis ma première jeunesse me faisaient l’effet. Cette fois-ci je ne me laissais plus envahir par ma timidité mais je me comportais toutefois conformément à ma bonne éducation. Le but n’était pas envie de profiter du plein pouvoir qu’offre l’imaginaire, cet exercice je me le réservais pour d’autres occasions, là, j’allais rendre visite en tout bien et tout honneur et plus éventuellement si affinité. Eh bien à mon grand étonnement ce n’est pas les mêmes personnes qu’à l’époque que j’ai trouvé les plus craquantes. Je les approchais une par une, et ce n’est pas les mêmes qui je trouvais désirables et prometteuses. Car le désir était bien là. Une fille en particulier, dont le sex-appeal à l’époque me dérangeait et même me faisait fuir, à présent me convenait totalement et me promettait une montée au plafond torride. Tout le contraire d’une libido à plat annoncé. C’est l’outil qui n’était plus.